En bref. Une convocation devant le délégué du procureur de la République pour alcoolémie annonce le plus souvent une composition pénale. Le délégué vous propose une ou plusieurs mesures : amende de composition, remise du permis de conduire pour six mois au plus, stage de sensibilisation à la sécurité routière, éthylotest anti-démarreur (article 41-2 du code de procédure pénale). Vous pouvez accepter, refuser ou demander dix jours de réflexion. La personne convoquée devant un délégué du procureur peut se faire assister par un avocat avant de donner son accord (article R. 15-33-40 du code de procédure pénale). L’entretien porte sur les faits, votre reconnaissance de culpabilité et la proposition. Exécutée, la composition pénale éteint l’action publique, mais retire les points du délit.

La convocation chez le délégué du procureur (DP) pour alcoolémie est une étape cruciale dans la procédure pénale française. Cette rencontre permet au DP de proposer une ou plusieurs sanctions au conducteur en état d’ébriété sans passer par un tribunal. La compréhension de cette procédure et de ses conséquences est essentielle pour tout individu faisant face à une telle situation.

Il est capital d’être représenté par un avocat du droit pénal, expérimenté en composition pénale, alcool au volant et accident corporel pour comparution chez le DP.

Convocation chez le DP pour alcoolémie ou stupéfiants suite à un contrôle lors de la féria à Nîmes ou à Arles : comprendre et se préparer à Nîmes, Aix-en-Provence, Arles et dans toute la région PACA

En France, la conduite sous l’empire d’un état alcoolique constitue un délit dès que le taux mesuré atteint ou dépasse 0,40 mg/l d’air expiré (soit 0,80 g/l de sang), conformément à l’article L. 234-1 du code de la route. Pour les conducteurs en période probatoire, le seuil délictuel reste le même ; c’est le seuil de la contravention qui est abaissé à 0,20 g/l de sang, soit 0,10 mg/l d’air expiré (article R. 234-1 du code de la route). Depuis la loi n° 2025-622 du 9 juillet 2025, le délit est puni de trois ans d’emprisonnement et 9 000 euros d’amende (article L. 234-1 du code de la route). Il reste donc dans le champ de la composition pénale, réservée aux délits punis de cinq ans au plus.

1. Le contexte juridique de l’alcoolémie au volant à Aix-en-Provence

Tout comme les stupéfiants, l’alcool au volant est une infraction grave et répandue. Les personnes commettant ce délit routier sont passibles de plusieurs sanctions dont l’amende, la suspension du permis de conduire, voire de l’emprisonnement. En France, le code de la route établit clairement les limites légales d’alcool dans le sang.

Le seuil est fixé à 0,5 g/litre de sang (soit 0,25 mg/l d’air expiré pour la contravention), et cette limite est réduite à 0,2 g/litre pour les conducteurs novices en permis probatoire.

L’article L. 234-1 du code de la route distingue deux niveaux d’infraction : la contravention (taux compris entre 0,25 mg/l et 0,40 mg/l d’air expiré), qui fait l’objet d’une ordonnance pénale ou d’une amende forfaitaire, et le délit (taux ≥ 0,40 mg/l d’air expiré), qui expose à une peine maximale de 3 ans d’emprisonnement et 9 000 € d’amende, à une suspension du permis pouvant atteindre 5 ans sans sursis (article L. 234-2) et à un retrait de 6 points, la moitié du capital. La mesure du taux s’effectue au moyen d’un éthylomètre homologué dont les conditions d’utilisation sont définies par l’arrêté du 8 juillet 2003.

2. Convocation devant le délégué du procureur à Nîmes

La procédure de convocation devant le DP s’inscrit dans le cadre de la composition pénale, un dispositif prévu par l’article 41-2 du code de procédure pénale. Cette procédure vise à proposer une ou plusieurs sanctions à l’individu ayant commis l’infraction, sans passer par un tribunal. Il s’agit généralement d’une alternative à la comparution chez le juge.

L’objet de cette convocation est de donner l’occasion à l’auteur de l’infraction de reconnaître sa culpabilité et d’accepter les sanctions proposées en cas de comparution pour alcool au volant. En cas de refus, le DP peut décider d’engager des poursuites devant le tribunal correctionnel compétent.

La convocation est adressée par le procureur de la République ou son délégué, après que les forces de l’ordre ont transmis le procès-verbal de constatation de l’infraction. Le conducteur peut demander un délai de dix jours avant de répondre, et se faire assister d’un avocat avant de donner son accord : le procès-verbal doit mentionner ces deux droits (article R. 15-33-40 du code de procédure pénale).

Combien de temps dure une convocation chez le délégué du procureur ?

Aucun texte ne fixe de durée. L’entretien suit un ordre simple : rappel des faits et de leur qualification, recueil de votre reconnaissance de culpabilité, présentation des mesures proposées, puis signature ou refus du procès-verbal. Venez avec une pièce d’identité, la convocation, votre permis s’il vous a été rendu, et vos justificatifs de ressources, car l’amende de composition tient compte de vos ressources et de vos charges (article 41-2 du code de procédure pénale).

Amende de composition ou autre mesure : ce que le procureur peut proposer

Le délégué du procureur peut aussi mettre en œuvre des mesures alternatives aux poursuites prévues à l’article 41-1 du code de procédure pénale : avertissement pénal probatoire, qui a remplacé le rappel à la loi, ou stage de sensibilisation à la sécurité routière. Ces mesures visent à mettre fin au trouble résultant de l’infraction ou à contribuer au reclassement de l’auteur. Pour un délit d’alcoolémie, la composition pénale se distingue : elle permet la remise du permis pour six mois au plus, et son exécution entraîne le retrait des points.

3. Rôle et pouvoirs du délégué du procureur à Arles

Le DP de la République est un auxiliaire de justice chargé de proposer une mesure de composition pénale de l’individu mis en cause. Il a le pouvoir de proposer des sanctions alternatives, telles que des travaux d’intérêt général, des stages de sensibilisation à la sécurité routière, des amendes, ou la suspension du permis de conduire en cas d’alcool au volant.

Le délégué du procureur ne détient pas le pouvoir de jugement : il ne prononce pas de condamnation. Sa proposition doit en principe être validée par le président du tribunal judiciaire avant de produire ses effets juridiques. Par exception, la validation n’est pas requise pour un délit puni de trois ans au plus lorsque la seule mesure est une amende de composition n’excédant pas 3 000 euros (article 41-2 du code de procédure pénale ; article 131-13 du code pénal). Cette validation constitue une garantie essentielle, car le magistrat du siège vérifie la régularité de la procédure et la proportionnalité des mesures proposées. En cas de validation, les délais d’exécution des mesures commencent à courir à la date de notification de la décision de validation.

4. Préparation à la convocation dans le 13 et le 30

Si vous êtes convoqué chez le DP pour alcoolémie, faites appel à un avocat en droit routier, composition pénale et alcool au volant. Il vous aidera à comprendre votre situation et à choisir la stratégie adaptée lors de l’audience. La première consultation au cabinet est facturée 99 € TTC.

La préparation comporte plusieurs étapes incontournables. L’avocat examine d’abord la régularité du contrôle : conditions du dépistage, homologation de l’appareil utilisé, respect des délais entre les deux mesures de l’éthylomètre, information du conducteur sur ses droits. Il analyse ensuite le casier judiciaire du conducteur pour déterminer si une situation de récidive légale existe, ce qui conditionne l’applicabilité de la composition pénale. Enfin, il évalue les éléments de personnalité susceptibles d’influer sur la proposition de peine : ancienneté du permis, activité professionnelle dépendant de la conduite, absence d’antécédents.

5. Reconnaissance de culpabilité et proposition de peine

Au cours de l’audience, le DP présentera les faits qui vous sont reprochés et vous proposera une peine. Si vous reconnaissez votre culpabilité, vous pourrez accepter ou refuser la proposition de peine. En cas de refus, l’affaire pourra être renvoyée devant le tribunal correctionnel.

La composition pénale, une fois acceptée et validée par le président du tribunal judiciaire, n’a pas valeur de condamnation pénale. Les compositions pénales exécutées sont inscrites au bulletin n° 1 du casier judiciaire, et non au bulletin n° 2 (article 41-2 du code de procédure pénale). Le code de procédure pénale prévoit que les mentions relatives à la composition pénale sont retirées à l’expiration d’un délai de trois ans, si la personne n’a subi aucune condamnation correctionnelle ni exécuté une nouvelle composition pénale (article 769 du code de procédure pénale). L’exécution complète des mesures éteint l’action publique.

Une fois votre accord donné, le procureur doit saisir le juge de validation. Il ne peut plus vous adresser une convocation devant le tribunal correctionnel que si la validation est refusée ou si vous n’exécutez pas les mesures (Cass. crim., 20 novembre 2007, n° 07-82.808). En cas de refus de votre part, le procureur met en mouvement l’action publique, sauf élément nouveau, ou décide un classement sans suite.

6. Récidive et conséquences judiciaires

En cas de récidive, les peines encourues sont généralement plus lourdes. L’alcoolémie récidiviste, notamment si elle a entraîné un accident, est considérée comme un délit grave, puni d’une peine plus sévère. Par ailleurs, la récidive à Arles, Nîmes ou dans la région PACA peut entraîner une perte de points sur le permis de conduire, voire son annulation.

La récidive légale suppose une condamnation définitive pour le même délit dans les cinq ans ; le maximum des peines est alors doublé (article 132-10 du code pénal), soit six ans et 18 000 euros pour l’alcoolémie. Ce maximum dépasse le plafond de cinq ans de l’article 41-2, ce qui oriente le dossier vers le tribunal correctionnel. La condamnation en récidive entraîne de plein droit l’annulation du permis de conduire, avec obligation d’éthylotest anti-démarreur pendant trois ans au plus (article L. 234-13 du code de la route), et la confiscation du véhicule est en principe obligatoire (article L. 234-12). L’article L. 234-8 du code de la route vise, lui, le refus de se soumettre aux vérifications, puni des mêmes peines que le délit d’alcoolémie.

Composition pénale : l’article 41-2 du code de procédure pénale

La composition pénale est une procédure judiciaire prévue par le code de procédure pénale en France. Elle permet au procureur de la République de proposer directement à une personne, suspectée d’avoir commis une infraction pour laquelle les peines encourues n’excèdent pas cinq ans d’emprisonnement, une ou plusieurs sanctions.

Ces sanctions peuvent être diverses, allant de l’amende à des peines restrictives ou privatives de droits, comme l’obligation d’accomplir un stage de sensibilisation à la sécurité routière en cas d’infraction routière, ou encore la suspension du permis de conduire.

La procédure de composition pénale a pour objectif de désengorger les tribunaux et de donner une réponse rapide et adaptée à certaines infractions. Elle n’est pas applicable aux délits d’homicides involontaires (article 41-2 du code de procédure pénale). Elle peut être proposée dans une maison de justice et du droit (article 41-2 du code de procédure pénale). Les délégués du procureur y tiennent des permanences, dans le cadre de la politique de justice de proximité du parquet. Si vous recevez cette convocation, un délégué vous y reçoit ou au tribunal.

La personne à qui une composition pénale est proposée est libre de l’accepter ou de la refuser. En cas d’acceptation, et après exécution de la sanction, l’affaire est close. En cas de refus, le procureur de la République peut décider d’engager des poursuites.

L’assistance d’un avocat peut être précieuse tout au long de cette procédure.

Avocat pour composition pénale

L’avocat joue un rôle crucial dans le cadre de la composition pénale, qui est une procédure prévue par le code de procédure pénale en France. Cette procédure, qui peut être initiée en cas de délit comme l’alcoolémie au volant, offre une alternative à la comparution devant un juge.

Un avocat spécialisé dans le droit pénal et routier vous conseillera tout au long de cette procédure. Dès réception de la convocation devant le DP, l’avocat pourra vous aider à comprendre les tenants et aboutissants de votre situation, à analyser les faits qui vous sont reprochés et à préparer votre défense.

En outre, l’avocat pourra vous accompagner lors de l’audience devant le DP. Il vous aidera à exprimer votre position, à argumenter en faveur de votre cause et à décider si vous devez accepter ou refuser la proposition de sanction.

Dans le cas où la sanction proposée semble disproportionnée ou injuste, votre avocat pourra contester cette proposition et, si nécessaire, préparer votre comparution devant le tribunal correctionnel.

Ainsi, l’assistance d’un avocat dans le cadre d’une composition pénale est essentielle. Il est le garant de vos droits et veillera à ce que la procédure se déroule de manière équitable.

Ce que disent les articles de loi

Article 39

Modifié par Ordonnance n°2019-964 du 18 septembre 2019, art. 35 (VD)

« Le procureur de la République représente en personne ou par ses substituts le ministère public près le tribunal judiciaire.

Il représente également en personne ou par ses substituts le ministère public auprès de la cour d’assises instituée au siège du tribunal.

Il représente de même, en personne ou par ses substituts, le ministère public auprès du tribunal de police dans les conditions fixées par l’article 45 du présent code. »

Article R15-33-40

Modifié par Décret n°2020-128 du 18 février 2020, art. 2

« Le procès-verbal prévu par le vingt-sixième alinéa de l’article 41-2 précise :

-la nature des faits reprochés ainsi que leur qualification juridique ;

-la nature et le quantum de mesures proposées en application des 1° à 19° de l’article 41-2, ainsi que les délais dans lesquels elles doivent être exécutées lorsque l’une des mesures proposées consiste dans l’accomplissement d’un stage, il est précisé si le stage donne lieu à engagement de frais mis à la charge de l’auteur des faits ainsi que leur montant maximum ;

-le cas échéant, le montant ou la nature des réparations proposées en application des dispositions du vingt-troisième alinéa de l’article 41-2.

Ce procès-verbal indique que la personne a été informée de son droit de se faire assister d’un avocat avant de donner son accord aux propositions du procureur de la République et de son droit de demander à bénéficier d’un délai de dix jours avant de faire connaître sa réponse.

Le procès-verbal précise que la personne a été informée que la proposition de composition pénale va être adressée pour validation au président du tribunal judiciaire.

Le procès-verbal précise également que la personne sera informée de la décision du président du tribunal judiciaire, et qu’en cas de validation les délais d’exécution des mesures commenceront à courir à la date de notification de cette décision.

Le procès-verbal est signé par la personne ainsi que par le procureur de la République, son délégué ou son médiateur. Une copie du procès-verbal est remise à l’auteur des faits. »

Article R15-33-43

Modifié par Décret n°2004-1021 du 27 septembre 2004, art. 5 () JORF 29 septembre 2004

« Lorsque la composition pénale intervient à la suite d’un délit prévu aux articles 222-19-1 ou 222-20-1 du code pénal ou aux articles L. 234-1 ou L. 234-8 du code de la route ou de tout autre délit donnant lieu au retrait des points du permis de conduire, le procès-verbal mentionné à l’article R. 15-33-40 comporte une mention informant la personne de la perte de points qui résultera de l’exécution de la composition pénale, de l’existence d’un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour elle d’exercer son droit d’accès. »

Maître Humbert disponible au 04 90 54 58 10 vous assiste face à une convocation chez le DP.

Tableau des sanctions selon le taux d’alcoolémie

Infractions alcool au volant : taux, qualification et sanctions principales (art. L. 234-1 et L. 234-8 c. route)
Taux d’alcool Qualification Peine d’emprisonnement Amende maximale Retrait de points Suspension permis
0,25 à 0,40 mg/l d’air (0,5 à 0,8 g/l de sang) Contravention de 4e classe Aucune 750 € (forfaitaire 135 €) 6 points Jusqu’à 3 ans (judiciaire)
≥ 0,40 mg/l d’air (≥ 0,8 g/l de sang) Délit 3 ans 9 000 € 6 points Jusqu’à 5 ans, sans sursis
≥ 0,40 mg/l d’air en récidive légale Délit en récidive (maximum doublé) 6 ans 18 000 € 6 points Annulation de plein droit
Conducteur novice (permis probatoire) : ≥ 0,10 mg/l d’air Contravention de 4e classe Aucune 750 € (forfaitaire 135 €) 6 points Jusqu’à 3 ans

Ce tableau est donné à titre indicatif. Les peines réellement prononcées par le tribunal correctionnel ou proposées dans le cadre d’une composition pénale peuvent varier en fonction des circonstances aggravantes (accident corporel, refus d’obtempérer, conduite sous stupéfiants concomitante). Pour connaître les conséquences précises du retrait de points sur votre solde et les voies de récupération, consultez le barème officiel disponible sur le site de la sécurité routière.

Points de procédure essentiels

La procédure qui suit une interpellation pour conduite sous l’empire d’un état alcoolique obéit à des délais et à des formalités précis, dont la méconnaissance peut exposer le conducteur à des conséquences qu’une intervention rapide aurait pu éviter.

Délai de prescription de l’action publique. Pour le délit d’alcoolémie, la prescription est de six ans à compter du jour de l’infraction (article 8 du code de procédure pénale). Les actes de mise en œuvre ou d’exécution de la composition pénale l’interrompent (article 41-2 du code de procédure pénale).

Délai de réponse à la composition pénale. Le conducteur convoqué devant le délégué du procureur peut demander un délai de 10 jours avant de faire connaître sa réponse à la proposition de sanction, pour consulter un avocat. Ce droit doit être mentionné au procès-verbal.

Suspension administrative préfectorale. Indépendamment de la procédure pénale, le préfet du département peut prononcer une suspension administrative du permis de conduire dès la constatation de l’infraction, en application de l’article L. 224-2 du code de la route, dans les soixante-douze heures de la rétention du permis. Cette suspension, de six mois au plus, portée à un an en cas d’alcoolémie ou d’accident corporel, précède la décision judiciaire et peut être contestée devant le tribunal administratif compétent dans un délai de 2 mois à compter de la notification.

Retrait de points. L’exécution d’une composition pénale pour alcoolémie délictuelle entraîne automatiquement un retrait de 6 points sur le permis à points, conformément à l’article R. 15-33-43 du code de procédure pénale et au barème de l’article R. 223-3 du code de la route. Le conducteur est informé de ce retrait dans le procès-verbal de composition pénale. La récupération de points suppose, hors stage, trois ans sans nouvelle infraction entraînant un retrait de points, à compter de l’exécution de la composition pénale, pour retrouver le capital maximal (article L. 223-6 du code de la route). Un stage de sensibilisation peut être suivi une fois par an.

Éthylotest antidémarrage (EAD). Le tribunal correctionnel, ou dans certains cas le parquet dans le cadre de la composition pénale, peut imposer l’installation d’un éthylotest antidémarrage comme alternative ou complément à la suspension du permis. Dans la composition pénale, elle prend la forme d’un programme de réhabilitation avec éthylotest anti-démarreur de six mois à trois ans (4° bis de l’article 41-2 du code de procédure pénale) ; devant le tribunal, d’une interdiction de conduire un véhicule non équipé (article L. 234-2, 7°). Cette mesure vise à permettre au conducteur de continuer à conduire sous condition tout en prévenant la récidive.

Ce que nous vérifions avant une convocation chez le délégué

Avant tout avis, nous lisons cinq pièces. Le procès-verbal de dépistage et de vérification, pour l’heure des deux mesures et l’appareil utilisé. Le certificat de vérification de l’éthylomètre, pour sa validité à la date du contrôle. Le taux retenu, pour l’application de la marge d’erreur au taux le plus favorable. L’arrêté préfectoral de suspension, pour son délai de notification. Votre relevé d’information intégral, pour le solde de points et les antécédents.

Cette lecture dit s’il faut accepter la composition pénale, demander le délai de dix jours, ou la refuser pour discuter la régularité du contrôle devant le tribunal. Pour des stupéfiants, la même méthode s’applique à l’analyse salivaire ou sanguine (article L. 235-1).

Jurisprudence récente

Les décisions suivantes ont été vérifiées sur Judilibre.

Sur la marge d’erreur de l’éthylomètre. Le juge doit vérifier que le procès-verbal a tenu compte des marges d’erreur maximales de l’éthylomètre pour interpréter le taux mesuré (Cass. crim., 26 mars 2019, n° 18-84.900). En cas de second contrôle, seul le taux le plus favorable est retenu, et la marge d’erreur de 8 % s’y applique : un conducteur mesuré à 0,44 puis 0,41 mg/l a vu sa condamnation pour délit cassée (Cass. crim., 14 décembre 2021, n° 20-86.969).

Sur l’accord donné au délégué du procureur. Lorsque l’auteur des faits a signé le procès-verbal d’accord, le procureur est tenu de saisir le juge aux fins de validation. Il ne peut citer l’intéressé devant le tribunal correctionnel que si la validation est refusée ou si les mesures ne sont pas exécutées (Cass. crim., 20 novembre 2007, n° 07-82.808).

Sur les circonstances aggravantes liées à l’accident corporel. Lorsque la conduite en état alcoolique est à l’origine de blessures involontaires, les faits sont requalifiés sous les articles 222-19-1 du code pénal (blessures involontaires commises par un conducteur), dans sa rédaction issue de la loi du 9 juillet 2025, ou des nouvelles qualifications routières créées par cette loi. En cas de décès, les faits constituent un homicide routier (article 221-18 du code pénal), et la composition pénale est exclue.

Questions fréquentes

Peut-on refuser la composition pénale proposée par le délégué du procureur ?

Oui. La composition pénale est une proposition, non une obligation. Le conducteur est libre de refuser. En cas de refus, le procureur de la République peut choisir d’engager des poursuites devant le tribunal correctionnel, ou de classer le dossier sans suite. Le refus ne constitue pas en lui-même un aveu de culpabilité. L’avocat évalue si le refus est stratégiquement pertinent, notamment lorsque la procédure de contrôle est entachée d’irrégularités.

La composition pénale apparaît-elle au casier judiciaire ?

La composition pénale exécutée n’est pas inscrite au bulletin n° 2 du casier judiciaire (celui communiqué aux employeurs). Elle figure uniquement au bulletin n° 1, consultable par les seules autorités judiciaires. N’étant pas une condamnation, elle ne constitue pas le premier terme d’une récidive légale, mais le parquet la connaît en cas de nouvelle infraction. Sa mention est retirée après trois ans sans nouvelle condamnation ni nouvelle composition pénale.

Combien de points perd-on lors d’une composition pénale pour alcoolémie délictuelle ?

L’exécution d’une composition pénale pour conduite en état alcoolique délictuel (taux ≥ 0,40 mg/l d’air expiré) entraîne un retrait de 6 points sur le permis de conduire, conformément à l’article R. 15-33-43 du code de procédure pénale. Le conducteur en est informé par mention expresse dans le procès-verbal de composition pénale. Si le solde résiduel de points est insuffisant, le permis peut être invalidé par le préfet.

Dans quels cas la composition pénale pour alcoolémie est-elle impossible ?

La composition pénale est réservée aux délits punis de cinq ans d’emprisonnement au plus. En récidive légale, le maximum est doublé et dépasse ce plafond. Elle est aussi exclue pour les délits d’homicides involontaires (article 41-2 du code de procédure pénale). Dans ces hypothèses, le dossier est porté devant le tribunal correctionnel.

Maître Humbert vous reçoit sur rendez-vous à Aix-en-Provence, Salon-de-Provence, Marignane et Arles. Contactez le cabinet LEXVOX AVOCATS au 04 90 54 58 10 pour toute question relative à une convocation devant le délégué du procureur pour alcoolémie ou stupéfiants.